terça-feira, 14 de maio de 2019

A MULHER IDOSA OLHA PARA BAIXO (Hélène Sanguinetti)

A MULHER IDOSA OLHA PARA BAIXO

A mulher idosa olha para baixo, as pessoas, uma moça, espera seu ônibus para voltar para casa, ao seu imóvel, bem longe depois do mar, certamente.
A moça não fuma, ela chora, ela aperta seus dedos em um lenço enrolado em uma bola, como uma harpia, suas mangas, sua dor, não tenho mais bombons, e a moça já é muito grande, lógico que ela se envergonharia, eu deveria bater no vidro para que ela erguesse a cabeça e me visse?
Que ela a visse.
Há no bufê biscoitos e rum.
Biscoitos e rum.
Eu imploro: sirva-se.
Eu imploro.
É muito bom com açúcar. Fica bom, ganha uma cor.
Como abrir o o mais essencial do coração de um homem?
Respire,
ainda,
ainda.
É para melhor se jogar
a cabeça baixa
sob as árvores.
Se todo o sangue escapasse de todos os corpos,
de todos,
se fossem reunidos,
que espaço seria preenchido, tão vasto
quanto o mar?
Todo o sangue, onde que seria contido?
Não haveria mais ninguém para medir e contar isso. Haveria apenas o mar desconhecido, vermelho-escuro, muito mais vermelho que o Mar vermelho.
Que não passa do nome.
Hélène Sanguinetti
Texto inédito para Terres de femmes (D.R.)

[link do perfil da poetisa no facebook: https://www.facebook.com/profile.php?id=100008672734839 ]


LA VIEILLE FEMME REGARDE EN BAS
La vieille femme regarde en bas, les gens, une fille, attend son bus pour rentrer chez elle, dans son immeuble, là-bas derrière la mer, sans doute.
La fille ne fumait pas, elle pleurait, elle serrait ses doigts sur un mouchoir roulé en boule, en charpie, ses manches, sa peine, je n’ai plus de bonbons, et la fille est trop grande, elle se vexerait bien sûr, je pourrais taper sur la vitre pour qu'elle lève la tête, qu'elle me voie ?
Qu'elle la voie.
Il y a dans le buffet des biscuits et du rhum.
Des biscuits et du rhum.
Je vous en prie, servez-vous.
Je vous en prie.
C'est très bon avec un sucre. Ça remonte, ça donne de la couleur.
Comment ouvrir le plus essentiel du cœur de l'homme ?
Respire,
encore,
encore.
C'est pour mieux se jeter
la tête en bas
dans les arbres.
Si tout le sang s'échappait de tous les corps,
de tous,
si on le recueillait,
quel espace remplirait-il, aussi vaste
qu'une mer ?
Tout le sang, dans quoi contiendrait-il ?
Il ne resterait personne pour mesurer et le dire. Il resterait la mer inconnue, rouge sombre, beaucoup plus rouge que la Mer rouge.
Qui n'a qu'un nom.
Hélène Sanguinetti
Texte inédit pour Terres de femmes (D.R.)
_______

Nenhum comentário:

Postar um comentário